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Des fins et des moyens

19/04/2009

issu du « Manuel de l’animateur social » de Saul Alinsky, Seuil, 1972

Ces principes qu’il expose en guise de premier chapitre sont à méditer car d’une actualité surprenante dans le mouvement actuel des sans papiers :

1. L’importance que l’on attache à l’éthique de la fin et des moyens est inversement proportionnelle aux intérêts que nous avons dans l’affaire (voire également la distance qui nous sépare du lieu du conflit).
2. La façon de juger la moralité des moyens varie selon les positions politiques de ceux qui se posent en juges.
3. En temps de guerre, la fin justifie n’importe quel moyen. Les accords de Genève […] ne sont respectés que parce que l’ennemi ou ses alliés peuvent avoir recours à des représailles…
4. Ne jamais juger de l’éthique de la fin et des moyens en dehors du contexte dans lequel se passe l’action.
5. Le souci de la morale de la fin et des moyens augmente avec le nombre des moyens disponibles et vice-versa.
6. On aura d’autant plus tendance à évaluer les critères moraux des moyens que la fin est moins importante.
7. Le succès ou l’échec constituent un facteur déterminant de la morale. C’est ce qui fait la différence entre le traître et le héros.
8. Les critères moraux des moyens varient selon que ces derniers sont utilisés à une époque de défaite ou de victoire imminentes.
9. Tout moyen qui s’avère efficace est automatiquement jugé immoral par l’opposition.
10. L’animateur doit tirer parti de ce qu’il a et habiller le tout d’un voile de moralité.

On ne prend les armes que quand on les possède. On ne prend des droits que lorsqu’ils sont bafoués, et non inexistants. On inflige sur soi les blessures qu’on ne peut faire aux autres dans une société où tout, tout le reste a été tenté.

Et on fait tout cela quand on a les moyens et les gens adaptés pour le faire.

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